Accueil du site > Infos > Suisse > Droit > Partenariat à Neuchâtel Interview de (...)
Droit
Partenariat à Neuchâtel Interview de Damien Cottier PaCS Zurichois Un JA fort et massif
Partenariat à Neuchâtel
Interview de Damien Cottier
par  Frédéric Gloor, le lundi 26 août 2002, vu 825 fois
Tags : - Neuchâtel - Union homosexuelle

Il s’est singularisé lors de la lesbian and gay pride en prononçant un discours fort sensible, Damien Cottier, jeune député et chef du groupe radical fait partie de cette nouvelle génération d’hommes politiques dynamiques pour qui l’évolution de la société est le moteur de son action.
"Je rêve d’une société dans laquelle le fait de vivre une autre sexualité ne change plus le regard des autres. " a t il annoncé Place du Port à Neuchâtel le 13 juillet dernier.
Engagé, Damien Cottier est à l’origine avec son collègue Raphaël Comte de l’avant projet de loi visant à établir une loi cantonale permettant l’enregistrement de partenariats homosexuels.

Interview :

gayromandie : Pour quelles raisons Damien Cottier s’est-il lancé dans cette aventure demandant à ce que Neuchâtel ait un "pacs" ?

Damien Cottier : En réalité l’initiative vient de mon collègue député radical Raphaël Comte. Lorsque Raphaël nous a présenté son projet de loi, j’ai tout de suite été enthousiasmé. Un partenariat est simplement indispensable afin de traiter les couples homosexuels de manière digne et équitable sur le plan légal. Le partenariat est aussi le moyen de concrétiser les intentions de la nouvelles Constitution neuchâteloise qui dit que "Le droit au mariage est garanti. La liberté de choisir une autre forme de vie en commun est reconnue". (Art. 12 Cst NE) J’avais à l’époque fermement soutenu cette clause. Mais pour que cette reconnaissance par l’État ne soit pas que des mots, il faut établir un système de partenariat.

gayromandie : As-tu des amis gays/lesbiennes vers qui tu es allé prendre la température ?

DC : Oui j’ai des amis gays. Non je ne leur en ai pas parlé. En réalité ce projet concerne toute la société et pas seulement les gays.

gayromandie : Que réponds-tu à ceux qui disent qu’une loi cantonale ne sert à rien et qu’il faut attendre la loi fédérale ?

DC : Qu’ils ont partiellement raison : la loi fédérale primera. Mais au moment du dépôt du projet il y a un an le projet fédéral était nettement moins avancé. Or il est rare que les choses bougent si vite à Berne. On ne va d’ailleurs pas se plaindre de cette rapidité. Pourtant je pense qu’une loi cantonale reste nécessaire. D’abord parce que les cantons ont des compétences propres, ensuite parce qu’il faudra bien appliquer le système fédéral au niveau cantonal, enfin parce que cela donne un signal politique clair et fort. Toute action dans ce sens renforce les autres. Si plusieurs cantons ont une loi (GE, ZH, NE,...) l’adoption d’une loi fédérale sera facilitée.

gayromandie : Certains gays/lesbiennes s’opposent au contrat de partenariat parce qu’ils craignent un nouveau "fichier homosexuel", qu’en penses-tu ?

DC : Depuis l’affaire des fiches on a peur des bases de données dans ce pays. Une telle crainte me paraît pourtant excessive. En effet, la réglementation sur l’utilisation des données est stricte et permet d’éviter les abus. Pourtant une chose est évidente : les personnes qui désirent conclure un partenariat devront l’assumer publiquement. Mais la visibilité est une des revendications des milieux gays, non ?

gayromandie : Certains craignent que ce soit une porte ouverte vers une invasion d’étrangers qui vont faire des pacsages blancs. Qu’en penses-tu ?

DC : On a toujours peur d’ "invasions" dans ce pays ! C’est d’autant plus absurde que nous ne parvenons à maintenir notre démographie que grâce à l’immigration, les Suisse n’ayant pas assez d’enfants ! Bref certains mêlent la peur de l’étranger à absolument toutes les autres questions politiques suisses. C’est ridicule ! D’ailleurs si on parvient, par des règles strictes, à lutter assez bien contre les "mariages blancs", pourquoi craindre les "partenariats blancs" ?

gayromandie : Serais-tu favorable à un statut de réfugié politique pour des Égyptiens ou personnes vivant dans des pays où ils risquent la peine de mort, l’emprisonnement ou la torture sur le simple fait de leur orientation sexuelle ?

DC : Oui, il faut accorder un statut de réfugié à ces personnes si elles sont réellement et directement menacées. Il s’agirait d’un cas de refuge humanitaire et non politique. A mes yeux, protéger des personnes menacées pour ces raisons, c’est protéger les Droits de l’Homme. Or c’est les Droits de l’Homme sont un des piliers de la politique étrangère suisse. Rappelons aussi que l’interdiction de la torture est une norme impérative du droit international public. La Suisse doit donc contribuer à combattre ce fléau.

gayromandie : - Un contrat de partenariat homo doit-il intégrer l’adoption ?

DC : Non pas à mon sens. Le couple homo reste physiologiquement différent du couple hétéro et ne peut avoir de lui même un enfant. Dès lors, intégrer l’adoption serait, je crois, une création juridique détachée de toute réalité. Pour l’heure je n’y suis donc pas favorable. Quoi qu’il en soit le centre de ce débat, s’il vient, devra être l’intérêt de l’enfant et non celui de ses parents adoptifs.


A lire aussi : son discours lors de la lesbian and gay pride 02