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-* Partenariat fédéral -

On votera sur le PEPS
mais parler d’adoption
est hors sujet
par  Frédéric Gloor, le mardi 2 novembre 2004, vu 181 fois

C’est officiel, le référendum pour contrer la loi sur le partenariat a abouti. Le peuple suisse votera prochainement sur le sujet. Légèrement à côté de la plaque, la TSR propose mercredi soir un débat sur l’adoption par les couples homos.

> A lire également : Lettre ouverte des associations LGBTT romandes à la TSR "La TSR en fait-elle trop ?"

On le savait déjà mais la nouvelle devait être annoncée officiellement : le référendum lancé par l’UDF (Union démocratique fédérale) et le PEV (Parti évangélique) pour contrer le PEPS (Partenariat Enregistré pour Personnes de même Sexe) a abouti avec 66 853 signatures valables, a annoncé aujourd’hui la Chancellerie fédérale. La majorité des signatures ont été récoltées en Suisse alémanique. Les opposant aux droits des gays, craignant les débats sur la place publique, ne sont pratiquement pas descendu dans la rue et ont fait signer selon le principe du bouche-à-oreille.

La Suisse joue les premières mondiales

La loi sur le PEPS n’entrera donc pas en vigueur sans que le peuple ne se prononce. À l’exception de quelques États américains qui se sont prononcés par la voie des urnes sur un amendement à leur constitution dans le but d’interdire le mariage homo, aucune région au monde ne s’est encore prononcée sur le sujet par votation populaire. Le scrutin suisse (vraisemblablement le 5 juin prochain) sera historique.

L’adoption est hors sujet

Dans une maladresse toute romande, la TSR proposera mercredi soir un débat sur l’adoption d’enfants par des couples gay. “Les homos en font-ils trop ?” s’interroge notre télévision régionale en reprenant le débat français lancé par Le Nouvel Observateur. L’hebdomadaire français a en effet publié un manifeste argumentant sur l’adoption, déjà signé par Bertrand Delanoë, Amélie Mauresmo et Steevy. On ne comprend pas très bien que l’adoption, qui est clairement proscrite dans la loi sur le PEPS, soit au menu de la TSR. En effet, selon la loi sur le partenariat, toute personne qui s’engage officiellement dans un partenariat homo abandonne son droit à l’adoption. Les associations lesbigay ont vivement protesté mais la loi n’offrira aucun droit de ce type. En important un débat français en Suisse romande, la TSR risque de brouiller les esprits.


La TSR en fait-elle trop ?

Lettre ouverte des associations romandes à la TSR

Les associations romandes représentant une partie importante des personnes homosexuelles dénoncent les termes du débat annoncé ce mercredi soir au programme de l’émission Infrarouge de la Télévision suisse romande. Intitulée « Les homosexuels en font-ils trop ? », cette émission, telle qu’elle se présente et au vu des inepties qu’elle laisse publier sur son forum avant le débat, montre peu de respect pour les personnes concernées par l’homosexualité.

Les associations soussignées regrettent d’abord que l’émission Infrarouge aborde la thématique du partenariat - sur lequel le peuple suisse est invité à voter l’an prochain -­ en reprenant purement et simplement les arguments des opposants. Ces arguments consistent à instrumentaliser la thématique de l’homoparentalité afin de biaiser les vrais enjeux de la votation suisse (pour rappel, l’adoption n’est pas concernée par le nouveau texte de loi). En logeant à la même enseigne des sujets tels que le lancement très médiatisé de Pink TV en France et les revendications légitimes des couples de même sexe en Suisse, Infrarouge se livre dans la présentation de son émission (notamment sur son site Internet) à de bien curieux amalgames. Les homosexuel(le)s romands acceptent volontiers la confrontation, mais ils déplorent que celle-ci se fasse dans des conditions biaisées pas des approches simplificatrices.

Au sein des associations, les parents homosexuels en particulier réagissent avec vigueur sur le titre de l’émission et les corrélations qui sont faites dans le cadre du débat. D’une manière générale, ils refusent que leur réalité quotidienne serve systématiquement d’épouvantail dans les discours politiques et dans les médias. La manière dont l’UDF, le PEV, des membres de l’UDC et, aujourd’hui, une émission de la TSR les utilisent afin d’accroître leur audience les révolte.

Les associations constatent enfin que la TSR, à l’instar d’autres télévisions, n’a pas hésité à couvrir largement le lancement de la chaîne gay payante Pink TV dans ses émissions d’actualité. Sur la base de cette médiatisation, Infrarouge se demande aujourd’hui « si les homosexuels en font trop ». C’est peut-être à la TSR qu’il faut poser la question.

360°, Dialogai, Lestime, Alpagai, Homologay, Sarigai, Juragai, VoGay, Secrétariat romand de Pink Cross, Secrétariat romande de la LOS


Mercredi 3 novembre, TSR1, 22h20. InfrarougeLes homos en font-ils trop ?.

Participants au débat : Maurice Chevrier, conseiller national (PDC/VS) ; Maximilien Bernhard, Union démocratique fédérale (UDF) ; Marco Vannotti, psychiatre, Polyclinique du CHUV ; Jean-Luc Romero, conseiller régional UMP Paris ; Clément Dubois, journaliste ; Stéphane Riethauser, réalisateur ; Christian Verdon, Comité " Oui au partenariat enregistré".

Rediffusion du débat :

  • Jeudi 4 novembre à 2h25 (TSR2)
  • Vendredi 5 novembre à 10h30 (TSR2) et 15h (TSR2).