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Le retour des infections sexuellement transmissibles Conférence International AIDS Society 2011 : Le traitement comme (...)
Partners, TDF2 : Deux études encourageantes pour la PrEP
par  la rédaction, le mercredi 20 juillet 2011, vu 84 fois

Quelques jours avant le début de la conférence, deux études américaines confirmaient l’intérêt de la Prophylaxie pré-exposition (PrEP), dans la prévention de la transmission du VIH dans les couples homme-femme.

Les communiqués de presse des Centers for Disease Control and Prevention (CDC) pour l’étude TDF2 et celui de l’université de Washington pour son étude Partners PrEP, datés du 13 juillet 2011, préjugeaient de l’importance qu’occupe la PrEP à l’IAS de Rome.

Les premiers résultats de ces deux études ont montré que le tenofovir ou le tenofovir + emtricitabine (Truvada), utilisé par le partenaire séronégatif, pouvaient diminuer les risques du transmission de 62% à 78%.

Le comité indépendant (ou DSMB, pour Data and Safety Monitoring Board) de l’étude Partners a d’ailleurs décidé que, si l’essai devait continuer, les résultats étaient suffisants positifs pour que ceux qui recevaient un placebo aient accès en prophylaxie pré-exposition sexuelle au tenofovir ou à la combinaison tenofovir/emtricitabine.

  • Etude Partners PrEP (Université de Washington)

Comme l’a précisé l’un des investigateurs, le Docteur Connie Selum, cette étude du groupe Partner est la plus importante menée sur le terrain de la PrEP avec un financement conséquent de la fondation Bill et Melinda Gates ; cette étude de PrEP concernait 4 758 couples séro-discordants chez lesquels l’un des deux partenaires homme ou femme était séropositif pour le VIH dans neuf sites répartis au Kenya et Ouganda.

Sur ces 4 758 couples, un tiers des personnes HIV négatives, partenaires de personnes séropositives, recevaient du tenofovir, un tiers du Truvada et un tiers du placebo.

Cette étude était menée sur la méthode du double aveugle et ni le participant ni le clinicien investigateur n’était au courant du traitement reçu par le ou la volontaire. Tous les participants recevaient un kit de prévention et de service qui incluait, comme c’est le cas pour les essais de PrEP, à la fois du counseling, des distributions gratuites de préservatif et du dépistage et traitement des infections sexuelles transmissibles ainsi que la possibilité d’accéder à la prise en charge en cas de contamination.

Le DSMB a statué le 31 mai 2011 sur 78 infections apparues dans l’étude : 18 dans le bras de randomisation du tenofovir, 13 dans le bras de randomisation du Truvada et 47 dans le bras placebo. L’efficacité de la PrEP dans cette étude est plus importante que celle décrite chez les gays avec les iPrEx puisque l’on observe 62% de diminution de la contamination VIH sous tenofovir (IC 95% 34 - 78%, P = 0,0003) et 73% de diminution de risque de contamination par le VIH pour le bras Truvada (IC 95% 49 - 85%, P < 0,0001) si on compare bien sûr au bras placebo.

Plus spectaculaire encore, cette étude menée en Afrique chez des hommes et des femmes partenaires de séropositifs, montre un niveau d’adhésion à la PrEP particulièrement élevé puisque 97% des doses de médicaments dispensés ont été réellement prises et que le taux de rétention dans l’étude était de 95%.

  • Etude TDF2 (CDC)

Parallèlement à ces données de l’étude Partner, le CDC a communiqué les résultats de l’étude TDF2 qui sont présentés in extenso lors de la conférence de l’IAS. L’étude TDF2 a concerné 1 219 couples hétérosexuels au Botswana où cette fois il y avait deux bras de randomisation comparant le Truvada à un placebo.

Les données préliminaires sur 1200 participants (54.7% d’hommes et 45.3% de femmes), il y a eu 9 contaminations sur les 601 participants qui recevaient le Truvada et 24 contaminations pour les 599 personnes ayant reçu le placebo.

Ces résultats sont compatibles avec une diminution du risque de contamination de 62.6% (IC 95% 21,5 - 83,4%, P = 0,0133) et chez les personnes pour lesquelles on a la preuve que le médicament a été correctement pris, le niveau de protection est de 77.9 % (IC 95% 41,2 - 93,6 %, P = 0,0053).

Ces résultats semblent contredire ceux de l’étude FEM-PrEP, qui avaient été jugés suffisamment mauvais pour entrainer un arrêt prématuré de l’essai.

Des résultats, enfin, qui seront discutés tout au long de cette conférence de Rome 2011, par les partisans de la PrEP, comme par ses opposants.

Source : Gilles Pialoux et Charles Roncier pour vih.org

Source : Gilles Pialoux et Charles Roncier pour vih.org