Accueil du site > Infos > International > Portugal : le président signe la loi (...)
International
Louis-Georges Tin : « Les intégristes se servent de la foi pour (...) La Maison Blanche donne son feu vert à l’abrogation de “Don’t ask, (...)
Portugal : le président signe la loi sur le mariage homosexuel malgré ses convictions personnelles
par  la rédaction, le mardi 18 mai 2010, vu 179 fois
Tags : - Législation - Mariage - Portugal

Le président portugais Anibal Cavaco Silva a approuvé lundi la loi autorisant le mariage homosexuel, dernière étape avant son entrée en vigueur dans les prochains jours.

"J’ai décidé de promulguer aujourd’hui la loi qui autorise le mariage entre personnes de même sexes", a déclaré Anibal Cavaco Silva dans une allocution télévisée.

Ce texte, adopté en février par la majorité de gauche du parlement, modifie la définition du mariage dans le code civil en y supprimant la référence au "sexe différent". Toutefois, elle exclut explicitement du droit à l’adoption les couples homosexuels mariés.

Cette décision intervient après la visite la semaine dernière du pape Benoît XVI qui a réaffirmé que le mariage homosexuel était parmi les "défis les plus insidieux et les plus dangereux" d’aujourd’hui.

Anibal Cavaco Silva, catholique pratiquant et membre du principal parti d’opposition de centre-droit, a tenu à rappeler qu’il promulguait cette loi malgré ses convictions personnelles.

"Connaissant les positions des différents partis lors du débat au parlement, tout indique que les forces politiques qui l’ont approuvé le ferait de nouveau", a-t-il expliqué.

"J’estime ne pas devoir contribuer à prolonger inutilement ce débat, ce qui aurait pour effet d’accentuer les divisions entre les Portugais et détournerait l’attention des responsables politiques des problèmes" du pays, tels que le chômage, la situation économique ou la pauvreté, a-t-il ajouté.

Le chef de l’Etat avait déjà transmis le texte à la Cour constitutionnelle, disant avoir des "doutes" sur sa constitutionnalité, mais celle-ci avait estimé que la loi fondamentale n’interdisait pas "l’évolution de l’institution" du mariage.

Le président a affirmé en outre qu’il regrettait l’absence d’un "consensus politique" sur cette matière.

"J’estime qu’il n’aurait pas été difficile de parvenir à un compromis au parlement si un effort avait été fait dans ce sens", inspirée des exemples d’unions en vigueur dans des pays comme la France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni. Pays "qu’on ne puisse qualifier de rétrogrades", a-t-il souligné.

"Dans le monde, on ne trouve que sept pays où l’union entre personnes de même sexe est appelée mariage. Sur les 27 Etats membres de l’Union européenne, on n’en trouve que quatre", a-t-il observé.

Source : E-llico