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Pourquoi l’UDF ne veut pas d’un "pacs" en Suisse
par  Frédéric Gloor, le jeudi 12 décembre 2002, vu 329 fois
Tags : - Suisse - Homophobie - Lpart - Discrimination

Le 29 novembre dernier, alors que le Conseil fédéral annonçait qu’il venait d’accepter le projet de loi visant à créer un partenariat pour les couples de même sexe, l’UDF (union démocratique fédérale) a immédiatement réagit en affirmant que si la loi devait être acceptée par les Chambres législatives (Conseil national et Conseil des Etats), un référendum serait alors lancé, demandant que le peuple se prononce par votation populaire. L’UDF avait réussi a « faire voter » le Canton de Zurich (la loi est tout de même passée à près de 63%) mais avait échoué dans sa récolte de signature à Genève en 2001. Afin de mieux comprendre ce qui motive ce parti politique à refuser une reconnaissance des couples homosexuels, nous avons posé deux questions à Monsieur Maximilien Bernhard, secrétaire romand du parti.


Gayromandie.ch - En quoi la reconnaissance de couples de même sexe va-t-elle nuire à la notion de famille ? Ne s’agit-il pas là simplement d’accepter une réalité. Créer une loi reconnaissant les couples homosexuels ne va pas créer de nouveaux homosexuels mais va simplement reconnaître ceux qui existent déjà. En quoi le mariage hétérosexuel est-il menacé puisque le « Pacs suisse » n’est ouvert qu’aux couples de même sexe ?

Maximilien Bernhard - Tout d’abord, un « Pacs » fédéral entre personnes du même sexe engendrera une confusion pour les jeunes générations sur leur identité sexuelle, confusion qui nuira à la famille traditionnelle et à sa protection constitutionnelle. D’autre part, comment assurer la pérennité de la société, en sachant que deux personnes de même sexe ne peuvent pas procréer ? A l’extrême, « homosexualiser » l’ensemble de la société signifierait l’extinction de la race humaine. Il y a également l’aspect financier. En effet, là encore, les familles traditionnelles devraient assumer la grande majorité des coûts liés au renouvellement des générations, les couples homosexuels ne participant pas à ce renouvellement. Au sujet de la reconnaissance des couples de même sexe, votre question parle d’elle-même. Ce que vous souhaitez tient plus d’un aspect symbolique que juridique. Pourquoi n’avoir pas demandé simplement des interventions ponctuelles dans la loi, plutôt qu’une mise à égalité avec les couples mariés ? Pour finir, la société, qui a besoin que l’on fasse des enfants, a créé un droit de la famille et une institution qui s’appelle le mariage. Cette institution doit dès lors être préservée dans sa forme actuelle.


Gayromandie.ch - Vous brandissez le spectre de l’adoption alors qu’il est expressément dit dans cette loi que cela ne sera pas possible. Tout célibataire de plus de trente ans de nationalité suisse peut adopter un enfant, or en concluant un contrat de partenariat on abandonne ce droit. Que craignez-vous en refusant à cette loi de voir le jour ?

Maximilien Bernhard - Le 29 novembre dernier, lorsque le gouvernement a présenté son projet de loi sur le partenariat entre personnes de même sexe, certaines organisations homosexuelles et lesbiennes ont demandé au parlement de modifier cette loi pour que l’adoption puisse être autorisée. Prenez l’exemple de la France et de la Grande-Bretagne. Lorsque ces pays ont adopté leur « Pacs », il n’était pas question que l’adoption d’enfants par des couples homosexuels soit autorisée. Peu de temps après, tous deux ont modifié leur loi pour permettre l’adoption. C’est une des raisons pour laquelle l’UDF n’entre pas en matière sur le « Pacs » fédéral. Ne perdez pas de vue que, pour toute adoption, c’est l’intérêt de l’enfant qui est recherché en tout premier lieu. Pensez aux problèmes socioculturels considérables auxquels l’enfant ayant deux pères ou deux mères serait confronté. Les pédopsychiatres s’accordent d’ailleurs à dire que l’enfant a besoin d’un référent masculin et féminin pour assurer son épanouissement.