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Société
Pride romande 2003 : Flamboyante Delémont Petite Pride à Bâle
Pride 02 Neuchâtel :
une année plus tard
par  Frédéric Gloor, le mercredi 16 juillet 2003, vu 206 fois
Tags : - Neuchâtel - GayPride

Christian Verdon a été le porte-parole de la Pride 02 à Neuchâtel. Il dit de lui-même être un citoyen homosexuel qui ne fait pas profession de la militance, mais qui lutte avec ses moyens pour une meilleure intégration des gay dans la société. Membre depuis quelques mois du comité de l’association Pink Cross, Christian croit en les vertus de la visibilité.

Entertien

Quel bilan peut-on tirer une année après la Pride neuchâteloise au niveau de la population locale ?

Il est difficile de savoir ce que les gens pensent vraiment. Il me semble néanmoins, au travers des contacts personnels que j’ai pu avoir, que l’homosexualité est un sujet qui fait moins peur et que les homosexuel-le-s ont acquis du respect. Le changement des mentalités est un travail de longue haleine.

Tu as mené un colloque scientifique lors de cette Pride, "Identité plurielle, pluralité des identités" ; les actes de ce colloque, viennent de paraître. Qu’a-t-on appris lors de cette rencontre et que retrouve-t-on dans cette publication ?

Ce colloque a été un espace de réflexion pluridisciplinaire autours de la notion d’identité homosexuelle, qui venait très bien compléter le côté militant de la Pride. On a vu que des sciences comme la théologie ou la psychanalyse - qui ont souvent été utilisées pour condamner l’homosexualité et les homosexuels - peuvent aussi, placées entre de bonnes mains, se révéler des outils d’ouverture et de compréhension. On a aussi réalisé, au travers d’une approche historique, l’extrême relativité - et même fragilité -de ce qu’on tient pour normal. Les actes reproduisent sur 102 pages l’entièreté des conférences et des morceaux choisis des questions aux intervenants ainsi que de la table ronde conclusive. Ils sont disponibles directement auprès de l’Université de Neuchâtel au prix 15. - CHF (jean-jacques.aubert unine.ch).

Qu’as-tu appris personnellement au cours de cette manifestation et de sa préparation ?

Travailler dans un comité composé de personnes extrêmement diverses tant par leur background que par leur personnalité a été pour moi, qui suit habitué à un milieu professionnel très homogène, une expérience très riche, bien que pas toujours facile. Je crois que j’ai aussi pris goût à la réalisation de « grands « projets, grands au sens où le tout ne peut plus être maîtrisé par une seule personne. J’y regoûterai volontiers si l’occasion m’en est donnée.

Tu t’es maintenant engagé encore davantage en entrant dans le comité de Pink Cross, quels messages, projets, as-tu envie de faire passer ?

J’ai rejoint Pink Cross avant tout pour m’engager dans la future compagne pour le partenariat enregistré (dans l’hypothèse où un référendum est lancé, ce qui est probable). Même si tous les gays et les lesbiennes ne se reconnaissent pas forcément dans ce modèle de vie, le partenariat enregistré me semble être un instrument essentiel d’une redéfinition de la place des homosexuel-le-s dans la société, pour le mieux être de tous, à l’instar de ce qu’à pu représenter l’acquisition du droit de vote par les femme en terme de reconnaissance sociale.

propos recueillis par Fred