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Société
Genève, sept ans plus tard. D’une 1ère Pride à la prochaine. - Films et débats à Genève - Où sont les spectateurs ?
-* Pride Genève 2004 -
Quelle sera la couleur de
la Pride genevoise ?
par  Frédéric Gloor, le vendredi 3 octobre 2003, vu 339 fois
Tags : - Genève - GayPride

Jeudi 2 octobre dernier a eu lieu dans les locaux de Dialogai, à Genève, l’assemblée constituante de la Pride Genève 2004. Le comité provisoire avait souhaité inviter la population à venir exprimer leur avis sur le futur événement et ainsi sentir la couleur qu’ils allaient lui insuffler. Un comité organisateur de 17 personnes a été élu. Pride Genève 2004, dont le nom reste encore à débattre, pourrait avoir lieu le samedi 3 juillet 2003.

Comme chaque année, une association organisatrice voit le jour dans un nouveau lieu pour créer et mener la Pride romande. Si jusqu’à présent, l’organisation d’une Pride était revenue naturellement vers l’association locale, il ne pouvait pas en être aussi simple à Genève, canton dans lequel vivent trois associations, dont certaines sont en froid. « Cette association vivra 360 jours », lance ironiquement Stéphanie Auger, membre de l’association 360°. Le comité provisoire s’était constitué de représentants des trois associations. Le souhait a été émis que, désormais, ils travaillent à titre personnel et neutre. Comme pour les dernières Pride à Neuchâtel ou Delémont, aucune présidence n’est attribuée. Contrairement aux autres cantons qui y avaient renoncé sans réel motif, Genève craint que cette personne ne représente plus son association que la Pride.

Après avoir discuté ,puis finalement accepté les statuts, quatre personnes se présentent spontanément pour compléter le comité provisoire. Les statuts fraîchement votés définissaient un comité à quinze. Afin de ne pas choquer les bonnes volontés, c’est un comité à dix-sept qui est élu en bloc. Composé de membres de Dialogai, Lestime et 360°, le comité organisateur affiche des couleurs politiques engagées du Parti socialiste, de l’Alliance de Gauche ou encore du PDC. Erika, transsexuelle, regrette de n’avoir pas un emploi du temps suffisamment libre pour entrer dans le comité et regrette que les transsexuels ne soient pas représentés. À noter, la présence de Philippe Scandolera, initiateur de la première Pride en 97 et membre des comités d’organisation de Lausanne, Fribourg puis Berne. Présence remarquée également d’Yves de Mateis, militant notamment à l’ILGA (International Lesbian and Gay Association).

Une heure et demie après avoir défini le fonctionnement du comité, des commissions, entre autres vérifications de bons procédés, la discussion est enfin lancée pour savoir quelles sont les attentes envers cette prochaine manifestation. « Nous évoluons - doit-on garder le nom de Pride ? », demande un des participant apparemment convaincu qu’il faut adopter un nouveau concept. « De quoi sommes-nous fiers ? », demande une autre personne décidée à ce que le terme anglais de Pride soit revu. « Pendant une semaine, il faudrait que ce soit l’effervescence un peu partout dans la ville », lance une membre du comité visiblement décidée à organiser un méga-événement. «  Arrêtez les chats, les SMS et sortez ! », propose une personne au premier rang.

Quelle Pride pour Genève en 2004 ? Le débat est lancé et la discussion se poursuivra à Genève jeudi 16 octobre prochain à 19h.

commentaire

« Nous devons tirer le bilan des six dernières Pride et lancer un nouveau concept qui en fera une manifestation historique dont pourront ensuite s’inspirer les prochaines manifestations en Suisse et ailleurs ». Ce discours prétentieux s’est beaucoup fait entendre. Les Genevois semblent penser qu’ils sont dans la seule ville de Suisse et qu’ils sont les premiers à réfléchir sur le fondement d’une Pride. À aucun moment il n’a été rappelé qu’il s’agissait d’une Pride romande. Pire, on parle même de manifestation pour «  La Cité », oubliant ainsi la campagne genevoise.

En prétendant que la société évolue et qu’aujourd’hui, on ne peut plus dire que l’on est fier d’être LGBT ou H (Lesbienne, Gay, Bi, Trans ou Hétéro), parle-t-on d’évolution ou de régression ? D’accord, la communauté homosexuelle n’existe pas véritablement, mais pourquoi les individus ne devraient-ils plus être fiers du chemin qu’ils ont parcouru ?

« Lors de ma première Pride à Paris en 1998 », explique un cuisinier de 30 ans, «  j’étais enfermé dans un univers professionnel ancré à l’extrême-droite. Participant à la Pride, j’ai vu soudainement ce mouvement de masse de personnes avec qui je partageais une de mes différences, cela m’a énormément aidé ». Puisque Genève semble vouloir évoluer, pourquoi ne reviendrait-elle pas vers un concept de Pride simple ?