Accueil du site > Infos > Suisse > Droit > Référendum contre la LPart - Vers (...)
Droit
« L’amour, c’est... » Campagne pour la loi sur le partenariat (...) Les arguments gay du NON au partenariat Votations du 5 juin (...)
-* Référendum contre la LPart -

Vers une campagne Playmobile
par  Steve , le jeudi 7 avril 2005, vu 194 fois

Après les partisans de la loi sur le partenariat enregistré (LPart) il y a 15 jours, c’était au tour des opposants de tenir ce matin (jeudi 7 avril) une conférence de presse visant à présenter leurs arguments et leurs affiches. Plus tard dans la journée, le PS a présenté sa propre campagne en faveur de la loi et son contre-argumentaire. On remarquera que ni les opposants à la LPart ni ses défenseurs n’afficheront de vrais couples sur la place publique.

Le comité référendaire « Non au partenariat enregistré », composé pour l’essentiel de Neinsager de l’UDC et de chrétiens fondamentalistes, a présenté jeudi 7 avril 2005 son argumentaire contre la loi sur le partenariat enregistré. Si l’UDF mènera la campagne en terres romandes (voir l’afficheNon retrouvée pour le moment ; détail cocasse : un passant pressé qui n’en verrait pas le bas pourrait croire que l’UDF vire sa cuti et se prononce pour le partenariat), ce qui frappe, au-delà d’un argumentaire largement connu qui fait la part belle à une homophobie révoltante qui n’ose dire son nom (voir un résumé des arguments ci-dessous), c’est la nature de la campagne : ni les opposants à la loi ni ses partisans n’afficheront en effet de vrais couples dans l’espace public.

La coordination Oui au partenariat enregistré a en effet jeté son dévolu sur un style bande dessinée, tandis que le comité Non au partenariat se la jouera Playmobile, du moins en Suisse alémanique. Pour rappel, voici une des quatre affiches retenues par la coordination Oui :

Affiche de la coordination Oui au partenariat enregistré Affiche de la coordination Oui au partenariat enregistré

Le choix de la coordination Oui présente certes un double avantage : d’une part, elle évite les critiques de la communauté gay qui se serait forcément déchirée pour savoir si les gays et lesbiennes des affiches étaient représentatifs (trop jeunes, trop vieux, trop beaux, trop moches, trop efféminés, trop butch, et les drag queens ?, etc.) ; d’autre part, elle évite de braquer la population hésitante en la confrontant à la réalité de couples gay : des dessins mettent davantage de distance que des prises de vue. D’un autre côté, cependant, peut-être entendra-t-on des voix s’élever pour critiquer l’occasion perdue d’afficher des gays dans la rue. Après tout, ce n’est pas la première fois que les associations se voient signifier une interdiction d’affichage par les autorités communales ou les écoles si elles ont l’audace de présenter des images de gays faisant trop jeunes (sic !) ou étant trop démonstratifs... Il faut quand même souligner que la coordination Oui a la ferme intention d’occuper la scène médiatique, tant à la télévision que dans les journaux, en montrant de vrais couples. C’est d’ailleurs ce qu’elle a fait lors de sa conférence de presse d’il y a 15 jours. Il n’en reste pas moins que ces images n’envahiront pas les rues.

C’est paradoxalement le raisonnement inverse qui a probablement poussé le comité Non à privilégier ces figurines inspirées des pièces montées de mariage, mais qui font davantage penser à des Playmobiles... D’après nos informations, le comité Non avait, à l’origine, eu l’intention d’utiliser des clichés des mariés de Bègles (Stéphane Chapin et Bertrand Charpentier, premier couple français marié, à l’initiative de Noël Mamère) parce qu’ils semblaient, à leur yeux, servir leurs desseins par certains traits caricaturaux. Peut-être ont-ils dû y renoncer pour des questions de droit à l’image... Toujours est-il que le résultat final peut également s’interpréter comme une volonté de ne pas présenter la réalité des couples gay : pour les opposants, ces couples n’en sont pas, ils ne faut donc pas les banaliser en les affichant dans la rue. Finalement, l’image donne la désagréable impression qu’il s’agit d’un jeu ridicule. Précisons encore que les affiches Playmobiles seront uniquement affichées en Suisse alémanique : les Romands auront droit à une affiche qui ne présente que du texte.

Plus tard dans la même journée, c’est le Parti socialiste suisse (PSS) qui présentait ses arguments et son affiche (lire ici le communiqué de presse).

Affiche du PSS

Fidèle à son engagement pour une société progressiste et tolérante, le PSS a budgété 200 000 francs pour une campagne d’envergure en faveur de la LPart. Non seulement la campagne du PSS se déclinera sur les panneaux d’affichage, classiques ou électroniques (gares), mais le parti distribuera largement un journal de votations, fera projeter des annonces dans les cinémas (une première) et paiera des espaces publicitaires sur Internet. À cet effet, le PSS a mis sur pied son propre comité de soutien, qui a travaillé en étroite collaboration avec la coordination Oui, a élaboré son propre argumentaire, dans lequel les principaux arguments des opposants reçoivent la réponse cinglante qu’ils méritent, et créé son propre site Internet de soutien à la loi. Un engagement exemplaire en faveur de la loi dont les gays sauront se souvenir aux prochaines élections.


Résumé des (faux) arguments des opposants :

  • les homos ne sont pas discriminés
  • les problèmes pratiques éventuels pourraient se régler devant notaire
  • l’homosexualité relève de la vie privée et donc l’État n’a pas à légiférer
  • les droits et avantages attachés au mariage se justifient par sa fonction procréatrice
  • le mariage est dévalorisé
  • on met le doigt dans un engrenage qui mènera à l’adoption
  • le partenariat coûtera cher et ne sera utilisé que par une infime minorité
  • le partenariat équivaut à une loi anti-discrimination qui limite la liberté d’expression
  • le partenariat crée de nouvelles discriminations, à l’endroit d’autres formes de vie en commun (concubins et frères et sœurs) et des homosexuels eux-mêmes (adoption interdite individuellement aux partenaires enregistrés)
  • les jeunes seront tentés de devenir homosexuels si l’État reconnaît officiellement les couples de même sexe
  • vivre son homosexualité est un facteur à risque important pour la santé : il ne faut pas l’encourager
  • les faux partenariats ouvrent la porte à l’immigration illégale. Le clou pour la fin (argument opposé au cours de la conférence de presse par un psychologue-éthicien-philosophe, Harri Wettstein, et révélateur du fond de la pensée des référendaires) : « un homme sodomisé n’est pas un homme libre ».

Lire la dépêche de l’AP et la brève de la TSR et regarder le sujet vidéo du 19:30.

Le communiqué de presse de l’UDF pour le lancement de la campagne contre la LPart.

Lire l’article de 360° sur le sujet.



Bookmark and Share

Répondre à cet article