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Société
Parler de l’homosexualité à l’école ? Les médiateurs fribourgeois y (...) Genève : Un phare, un mot doux...
Retour sur la Pride 04
à Genève

Rançon de la gloire et
dignité du mâle
par  Jean-Paul Guisan, le samedi 17 juillet 2004, vu 142 fois

On n’avait pas vu ça depuis Sion en 2001 : cette année, les médias d’envergure romande ont tenu à donner davantage la parole aux gens, ouvertement gay ou non, qui avaient, mettons, des réserves à l’égard de la Pride (en général et en particulier).

Précisons que, une fois invités sur les ondes de la Radio romande et confrontés en direct à des auditeurs homophobes (ou à des organisateurs de la Pride), nos amis paradoclastes ont mis de l’eau dans leur vin. Est-ce que cette tribune élargie qui a été offerte par les médias à des notabilités critiques plutôt modérées s’autorisait du fait que, à Genève, on se trouvait en terrain conquis, et qu’il fallait faire un peu mousser tout ça ? Est-ce le mariage de Bègles qui a échauffé les esprits ?

Pour couronner le tout, il y a l’affaire de la pub dans le programme de la Pride : Michel Barde (patron des patrons romands) a déchaîné les foudres contre le mec à poil dans sa baignoire avec – horreur des horreurs – les jambes écartées. Un dessin (par ailleurs irrésistible), qui n’avait rien à voir avec la Pride en tant que telle, puisqu’il s’agissait d’une pub pour un sauna. Or Michel Barde ne visait pas d’abord la Pride (qu’il abhorre bien sûr), mais il a estimé que c’était une occasion en or pour régler des comptes. En effet, certains politiciens genevois du bord opposé entendent « contrôler » les affiches publicitaire où, estime-t-on, la femme est dégradée en objet sexuel. C’est-à-dire que la femme n’est pas montrée comme une personne qui existe pour elle-même, mais comme étant aliénée en un être soumis et conditionné au désir du mâle.

Michel Barde voulait donc épingler la contradiction (à ses yeux) qu’il y avait à soutenir financièrement une Pride dont le programme tout public exhibait une telle icône. Sur ce point, les porte-parole de la Pride ont, très finement, affiché un profil bas. Mais, quand il sera à nouveau l’heure de débattre si la prévention du sexisme légitime le contrôle (la censure) de l’image, il faut espérer qu’on discutera aussi du statut de l’homme-objet (objet du désir de l’homme ou de la femme).

En prime, on n’a pas cessé de parler mariage – comme si c’est ça qui allait nous aider à convaincre les électeurs paradophobes mais encore indécis quand il s’agira dire OUI au partenariat enregistré.