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Sida : Peter Piot préconise de concentrer les efforts en Europe sur les homosexuels
par  la rédaction, le jeudi 16 septembre 2010, vu 90 fois

Peter Piot, ancien directeur de l’Onusida, s’inquiète d’un "manque de stratégie à long terme" et redoute une baisse des financements sur le sida.

Ancien directeur de l’Onusida (1995-2008) et actuel directeur de l’Institute for global health de l’Imperial college de Londres, Peter Piot préside ce mardi au Collège de France un colloque sur "l’avenir à long terme de l’épidémie de sida". Ce sera sa dernière séance à la tête de la chaire "Savoirs contre pauvreté".

"On vit un moment assez paradoxal dans la lutte contre le sida, avec d’un côté vraiment des progrès - cinq millions de personnes sous traitement, des résultats avec un microbicide... - et de l’autre une sorte d’impasse avec le financement qui ne va plus comme il faut et un manque de stratégie à long terme", a-t-il déclaré lundi à l’AFP.

Il est clair, souligne-t-il, que "le sida sera avec nous pendant longtemps" avec des scénarios épidémiologiques envisageant qu’en 2031 il y aura encore "un million de nouvelles infections par an".

Les participants au colloque, des experts mondiaux, vont faire le point sur la recherche - les vaccins que l’on n’a toujours pas, les "réservoirs" où le virus se tapit silencieusement, la génétique - et aussi sur l’usage des antirétroviraux (ARV).

L’accès universel aux traitements par ARV était prévu pour cette année par la communauté internationale, mais on en est encore loin, pour des raisons financières. Dans certains pays comme l’Ouganda, rappelle Peter Piot, pour mettre une nouvelle personne sous traitement, il faut qu’une personne traitée meure. De fait, "il y a un ralentissement de l’accès au traitement".

Les experts évoqueront aussi l’usage préventif des ARV dès le début de la séropositivité, alors même qu’on n’est pas encore vraiment malade, pour réduire la quantité de virus qui circule.

Il faudrait, souligne Peter Piot, "un effort plus intensif en prévention" : "mieux cibler les activités sur le long terme, par exemple concentrer les efforts en Europe sur les homosexuels, ailleurs sur les usagers de drogue", "mieux adapter les efforts à la réalité de la vie et du terrain".

Surtout, il faudrait que les financements des Etats suivent.

A la veille de la conférence des bailleurs de fonds du Fonds mondial contre le sida, qui s’engageront pour trois ans le mois prochain à New York, l’ancien directeur de l’Onusida ne cache pas son inquiétude : "Ce sera le grand test, je ne suis pas très optimiste".

La réunion à Paris sur l’avenir à long terme de l’épidémie est "un colloque scientifique, mais avec un message très clair aux responsables politiques", souligne le Pr Piot.

Source : E-llico