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Statistiques VIH de l’OFSP
au 31 décembre 2009
Des chiffres encourageants mais insuffisants.
par  la rédaction, le mercredi 3 février 2010, vu 868 fois
Tags : - Suisse - OFSP - SIDA - VIH

Pour la première fois depuis près de dix ans, le nombre de nouveaux cas diagnostiqués de VIH déclarés à l’Office fédéral de la santé publique (OFSP) est passé sous la barre des 600.

Cette baisse est la plus significative chez les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HSH). Les chiffres sont stables, voire légèrement en baisse, pour les autres groupes de personnes également.

  • CAS DIAGNOSTIQUÉS DE VIH DÉCLARÉS : LES CHIFFRES LES PLUS BAS DEPUIS 2001

Au 31 décembre 2009, 591 nouveaux cas diagnostiqués de VIH ont été déclarés à l’OFSP. Bien que des déclarations tardives soient à prévoir, le nombre de cas restera inférieur à celui enregistré en 2001 (631) mais toutefois bien supérieur à celui de 2000 (578 cas). Au final, déclarations tardives y comprises, cela représente une diminution de près de 22% par rapport à 2008, soit plus de 160 cas. Cette tendance est plus marquée chez les hommes que chez les femmes.

  • INVERSEMENT DE LA TENDANCE CHEZ LES HOMMES AYANT DES RAPPORTS SEXUELS AVEC D’AUTRES HOMMES (HSH) ?

Pour la première fois depuis 2001, les chiffres concernant les homosexuels et les autres HSH ont cessé de croître. Par rapport à 2008, le recul représente près de 25%, soit 100 cas environ.

Cette baisse est la plus marquée chez les HSH suisses, avec 34% (71 cas de moins) ; ceci étant, l’OFSP reçoit encore, chaque mois, une douzaine de déclarations concernant les HSH suisses (138 cas en 2009). Dans l’ensemble, le nombre de déclarations concernant les HSH (242 cas) reste stable par rapport à 2005, mais dépasse largement les 141 déclarations recensées en 2001. Ce renversement de situation est très clair et, selon les analyses des données mensuelles, pourrait bien s’inscrire dans la durée.

Le net recul du nombre de cas récemment infectés par rapport à l’ensemble des cas diagnostiqués chez les HSH est particulièrement réjouissant. Près de la moitié de l’ensemble des cas concernant les HSH sont diagnostiqués à Zurich, les cantons de Vaud et de Genève déclarant, pour leur part, près d’un quart des cas dans ce groupe.

  • TRANSMISSION PAR VOIE HÉTÉROSEXUELLE : SITUATION STABLE

En 2009, 106 infections au VIH ont été diagnostiquées chez des Suisses, chiffre qui correspond à peu près à la moyenne des dernières années. La diminution constatée ces dernières années chez les migrants subsahariens s’est également confirmée en 2009 : 88 cas ont été déclarés.

On recense 32 cas de contamination suite à une injection de drogue, soit le même nombre que l’année précédente.

  • INTERPRÉTATION DIFFICILE, PRÉVENTION TOUJOURS DE MISE

Les données collectées ne permettent pas d’expliquer de façon concluante cette baisse réjouissante du nombre de nouveaux cas diagnostiqués de VIH. L’OFSP ne dispose pas d’indications prouvant que le nombre de tests effectués, par exemple, aurait pu baisser de façon significative en 2009. Le monitorage des comportements ne laisse pas non plus entrevoir de grands changements dans le comportement de la population ou de certains groupes en matière de risque ou de protection. Pour l’heure, il est tout aussi difficile d’établir un lien direct entre ces résultats et les activités de prévention axées sur les HSH menées ces dernières années telles, par exemple, l’action « Mission : possible » de l’Aide suisse contre le Sida (ASS) en 2008 [1], la déclaration de la Commission fédérale pour les problèmes liés au sida (CFPS) [2] ou la campagne LOVE LIFE STOP SIDA. Seule certitude : ce recul est la conséquence de plusieurs facteurs combinés, et cela doit nous encourager à ne pas relâcher nos efforts en matière de prévention. En effet, 600 nouveaux cas diagnostiqués de VIH par an, cela reste un chiffre trop élevé. Cette maladie est source de souffrance et est à l’origine de coûts élevés et croissants : en termes de traitement, ces coûts avoisinent les 25 000 francs par personne et par an ; selon les estimations, cela correspond à un coût annuel total de 200 millions de francs, auquel s’ajoutent chaque année 15 millions supplémentaires.

Source : OFSP - Section Sida

Le bulletin d’information complet.

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Notes

[1] Staub R, Derendinger S, Gebhardt M, Bucher T, Balthasar H. Mission possible – doch nicht möglich. http://www.schroeders-agentur.de/ medreviewdl09.html. MedReview 2009 ; 10 : 12-13.

[2] Vernazza PL, Hirschel B, Bernasconi E, Flepp M. Les personnes séropositives ne souffrant d’aucune autre MST et suivant un traitement antirétroviral efficace ne transmettent pas le VIH par voie sexuelle. http://www.saez.ch/ pdf_f/2008/2008-05/2008-05-089.PDF. Bulletin des médecins suisses 2008 ; 89 : 165-169.