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Un patient allemand déclaré « guéri » du sida OFSP - Spectra Programmes nationaux de prévention
Syphilis et gonorrhée ont explosé en Suisse
par  la rédaction, le mardi 4 janvier 2011, vu 319 fois

Voilà une nouvelle qui fait mal au-dessous de la ceinture : 1112 personnes ont attrapé la syphilis en Suisse l’an passé. Les cas d’infection ont littéralement explosé par rapport à 2006, où le nombre de malades n’était que 625. L’augmentation avoisine les 78% !

La syphilis avait presque disparu de Suisse dans les années 1990, à tel point que les autorités avaient renoncé, dès 1999, à répertorier le nombre de cas. Le recensement n’a repris qu’en 2006, en réponse au nombre croissant de malades.

Mais la vérole n’est pas la seule infection sexuellement transmissible (IST) à connaître une forte recrudescence en Suisse. La gonorrhée (« chaude-pisse »), +45% de cas en cinq ans, ou la chlamydiose, +38%, ne sont pas en reste. L’Office fédéral de la Santé publique (OFSP) prend le problème au sérieux. Pour la première fois, il a intégré en décembre la lutte contre les IST dans son programme stratégique de lutte contre le sida. Les fruits de cette démarche combinée devraient être visibles fin mars, lors du lancement de la nouvelle campagne Love Life.

  • Le sida fait moins peur

Comment expliquer cette explosion de syphilis et autres IST ? « Il y a dans la population un sentiment de fatigue vis-à-vis des rapports sexuels protégés et une tendance à laisser tomber les précautions, déplore Bernard Hirschel, directeur de l’unité VIH/sida aux Hôpitaux universitaires genevois. Cette évolution est préoccupante. » Au CHUV de Lausanne, le Dr Olivier Clerc, chef de clinique du Département des maladies infectieuses, est du même avis : « Les trithérapies ont fait baisser la peur du VIH dans la population, qui se protège moins. » Si l’utilisation du préservatif est entrée dans les mœurs pour les pénétrations, il est en revanche moins utilisé lors de fellations, selon le spécialiste. Or la syphilis s’attrape facilement lors de rapports oro-génitaux. « Les gens font aussi plus de rencontres à caractère sexuel que par le passé, notamment grâce à Internet », analyse pour sa part Roger Staub, responsable du programme VIH/IST à l’OFSP.

Une autre explication pour la recrudescence des infections sexuellement transmissibles est le manque d’information. « Nous constatons que pour une partie de la population, la syphilis ou la gonorrhée sont des termes vagues qui appartiennent à une époque révolue, s’inquiète Bettina Maeschli, porte-parole de l’Aide suisse contre le sida. Les gens n’identifient donc pas les symptômes et ne vont pas chez le médecin. Conséquence : les maladies se propagent au lieu d’être guéries. » Dans un effort d’information, l’Aide suisse contre le sida a lancé en décembre une campagne sur les IST à l’attention des homosexuels, particulièrement touchés par la syphilis (50% des hommes infectés).

« Pour l’instant, le nombre de nouvelles infections au VIH ne suit pas la courbe des autres maladies sexuellement transmissibles, relève le Dr Bernard Hirschel. La raison : les traitements actuels contre le virus du sida, comme les trithérapies, diminuent la quantité de virus et rendent ainsi les personnes traitées moins contagieuses pour le VIH. Cependant, elles peuvent quand même transmettre, et attraper, d’autres MST. »

  • Comment s’en prémunir

Le meilleur moyen de se protéger contre syphilis, gonorrhée et compagnie est d’utiliser le préservatif « aussi durant les rapports oro-génitaux », souligne le Dr Olivier Clerc. Il préconise également des tests de dépistage s’il y a eu chez le patient des comportements à risque.

« Les personnes sexuellement actives devraient aller voir leur médecin rapidement s’ils observent des anomalies dans la région génitale, rappelle Roger Staub, à l’OFSP. Il ne faut pas laisser passer les symptômes, qui peuvent s’estomper avec le temps. Car l’infection, elle ne passera pas, de même que les risques de transmission. »

- Syphilis

La syphilis est responsable de lésions de la peau et des muqueuses pouvant toucher de nombreux organes. En l’absence de traitement antibiotique approprié, la maladie peut provoquer la cardiopathie, la démence, la cécité, la paralysie et conduire à la mort. La bactérie de la syphilis se transmet en particulier par contact direct avec les plaies syphilitiques présentes principalement dans la région génitale.

  • Symptômes

Le premier symptôme est généralement une petite plaie indolore (chancre) dans la région du contact sexuel. La lésion disparaît en l’espace de quelques semaines. Peu après la guérison de la plaie, on constate une éruption sur tout le corps, des ganglions enflés, de la fièvre ou de la fatigue. Ces symptômes disparaissent également en quelques semaines. La bactérie de la syphilis reste dans l’organisme si l’infection n’est pas traitée.

Les autres maladies sexuellement transmissibles en hausse

- Gonorrhée

La gonorrhée est une infection causée par une bactérie. Appelée aussi « chaude-pisse », elle peut engendrer une infection de l’urètre, du col de l’utérus, du rectum et de la gorge.

  • Symptômes
    • Chez la femme : pertes vaginales anormales, brûlure lors de la miction, saignement après les rapports sexuels, douleurs abdominales ou pelviennes.
    • Chez l’homme : un écoulement pénien, douleur ou une brûlure lors de la miction, testicules enflés et/ou douloureux. Beaucoup de personnes ne savent pas qu’elles ont la gonorrhée parce que bien qu’infectées, elles ne présentent pas de symptômes visibles.

- Chlamydiose

L’infection à chlamydia est une infection bactérienne sexuellement transmissible. Elle peut toucher l’urètre, la prostate et l’épididyme chez l’homme, ou le vagin, l’utérus, les trompes et les ovaires chez la femme.

  • Symptômes

Démangeaisons et brûlures en urinant. Sans traitement précoce, la maladie peut évoluer vers la stérilité ou des grossesses extra-utérines chez la femme. La femme enceinte peut aussi contaminer le nouveau-né, entraînant des inflammations des conjonctives et des poumons. Très souvent, les symptômes d’une infection à chlamydia sont très légers et peuvent disparaître sans que l’infection soit soignée. Elle reste alors transmissible.

Source : Le Matin