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Société
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Têtu poursuit 360°
pour diffamation
par  Frédéric Gloor, le mercredi 18 juin 2003, vu 875 fois
Tags : - France - 360°

Dans le numéro de 360° consacré à Paris, un article mettait en cause la crédibilité du magazine Têtu. Se sentant victime de diffamation, Têtu a déposé plainte contre 360°.

En décidant de consacrer son numéro de mars-avril 2003 sur Paris, le magazine 360° ne se doutait certainement pas qu’ils allaient être embarqués dans une telle histoire. « Tampax ensanglantés, menaces, insultes… A Paris, des tensions règnent souvent dans la communauté LGBT, mais jamais elles n’avaient atteint pareille intensité. » Ainsi commence l’article «  Paris brûle-t-il ? » signé Nathalie Brochard.

L’article fait le récit de la polémique au sujet du futur centre d’archives et de documentation de culture et d’histoire LGBT. La Mairie de Paris accorde la subvention de 100 000 euros, certains se sentent floués alors même qu’ils travaillaient depuis de longues années dans le sens de l’archivage et que le projet financé par la Ville semble faire la part belle aux gays, oubliant les lesbiennes, les bis, les transsexuels.

Marie-Hélène Bourcier, sociologue lesbienne largement citée dans cet article, s’en prend au magazine Têtu, l’accusant d’être aux ordres de la Mairie de Paris « Têtu, la voix de son maître », et faisant même un parallèle avec la Pravda de l’ancien régime communiste. Dans ce même article, Marie-Hélène Bourcier remet en cause la légitimité journalistique de la rédactrice en chef adjointe, Judith Silberfeld, la traitant entre autre de « lesbienne alibi ». La semaine dernière, l’éditeur de Têtu, deux de ses journalistes et son directeur de publication ont porté plainte contre le magazine 360° ainsi que contre Marie-Hélène Bourcier.

« Le but de notre article était de faire comprendre en toute bonne foi les enjeux des affrontements actuels sur l’avenir du Centre d’archives dans un Paris qui se déchire », explique Cathy Macherel, rédactrice en chef de 360°, « Cela nous attriste de constater qu’au sein de la communauté LGBT et de ses supports d’expression, le débat critique et la confrontation d’idées semblent de moins en moins tolérés. En consacrant un dossier sur Paris, 360° n’avait nullement l’intention d’entrer dans la danse des affaires politiciennes de la capitale, ni même de venir grignoter sur les terres du grand journal Têtu ».

« Le problème, c’est que le dossier de 360° était très orienté, avec les gentils queer d’un côté et les méchants têtus de l’autre », répond Judith Silberfeld, rédactrice en chef adjointe de Têtu. « 360° ne s’est pas contenté de relater les faits, il a pris parti. À partir de là, il est impliqué. Un journal est soumis aux règles de la presse et la diffamation est punie. ».

Une fois de plus il semblerait qu’il y ait des perturbations sur la ligne puisque du côté de 360° on affirme avoir à plusieurs reprises tenté de joindre la rédaction de Têtu pour avoir leur opinion sur cette affaire, sans succès. Judith Silberfeld s’étonne de ce fait et déclare être pourtant une personne « extrêmement facile à joindre ». Suite à la plainte, Cathy Macherel ne comprend pas qu’on en soit arrivé à entamer une procédure judiciaire alors qu’il était simple d’ouvrir le dialogue et de demander un droit de réponse.

« Il y a atteinte à l’honneur, nous demandons réparation. Et l’honneur n’ayant pas de prix, nous demandons un euro symbolique », explique Judith personnellement mise en cause par l’article de 360°. « Le sujet est chaud, mais il ne s’agissait nullement de porter atteinte à qui que ce soit. » affirme Cathy. « Il est regrettable que certains acteurs concernés par cette affaire n’aient pas daigné répondre quand nous avons cherché à leur donner la parole ». 360° reste serein quant à l’issue de cette affaire.



La plainte déposée demande :

  • 1 euro de dommages et intérêts
  • une condamnation à verser à chacun des défendeurs (soit quatre personnes) la somme de 1 000 euros, soit 4 000 euros.
  • une réparation complémentaire, soit la publication dans un magazine au choix des demandeurs pouvant aller jusqu’à 10 000 euros.
  • le remboursement des frais d’avocat


Edition du 15 Juillet 2003 :

Suite à la plainte déposée par le magazine français Têtu contre 360°, un arrangement a été trouvé qui consiste en une publication sur une page complète du magazine suisse. Têtu renonce dès lors à toute poursuite.