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ASS - Prévention auprès des jeunes
Trend du barebacking :
Avec ou sans capote ?
par  Frédéric Gloor, le jeudi 22 mai 2003, vu 737 fois
Tags : - ASS - SIDA - VIH - IST - Préservatif - Prévention

Témoignage :

"Dans les backrooms, et notamment à Zurich, de plus en plus de mecs refusent de mettre un préservatif, que dois-je faire sachant que je suis contaminé ? Refuser d’avoir un rapport avec eux pour ne pas les contaminer à leur tour ? Ou me dire que si il refuse le préservatif c’est sa responsabilité ?"

Entretien avec Urs Wittwer, chef du projet HSH (Hommes ayant du Sexe avec d’autres Hommes) à l’ASS (Aide Suisse contre le Sida)

Qu’est-ce que le barebacking ?

Par définition, il s’agit de sexe non protégé entre deux hommes séropos. Je considère que cette pratique permet de réduire les risques de contamination (des autres hommes) pour autant bien sûr que les partenaires soient sous traitement médical et qu’il n’y a pas des autres MST.

Dans le langage courant, on confond barbacking avec relation non protégées de manière générale. On parle de partenaires sérodiscordant si les deux n’ont pas le même statut sérologique (un positif et l’autre négatif). On ne sait plus de quoi on parle exactement si on étend le barebacking à toutes les relations non protégées. Pour ma part, je parle de « unsafe sex ».

Une personne séropositive doit-elle l’annoncer à ses partenaires sexuels ?

Il y a le côté juridique : si un homme est contaminé il n’est pas obligé de le dire à la seule condition qu’il ne pratique que du safer sex avec son/ses partenaires. Si non, il est par la loi obligé d’avertir son sex-partenaire de son statut sérologique pour ne pas se rendre coupable.

Est-ce qu’il est vrai que la pratique du sexe sans capote est en augmentation en Suisse ?

Le unsafe sex a toujours existé, mais tu as raison : il y a des signes qu’il y a une augmentation chez les HSH depuis quelque temps : dire que le barebacking est "monnaie courante" est quand même difficile à dire/trop fort ! Mais l’augmentation des nouveaux testes positifs chez les HSH dans l’année 2002 est forte et très inquiétant.

Mais que fait l’ASS ?

L’ASS essaie de mettre à disposition tout le savoir autour VIH/SIDA pour que chacun puisse décider pour soi-même, si et quand il préfère de faire safer sex ou non, en connaissant les conséquences qu’une contamination VIH aura pour lui. Je pense que la responsabilité est une question qui se discute entre les deux partenaires et comme ça, c’est aussi une question de communication - soi verbale ou non verbale - (et solidarité) entre les hommes.

Maintenant se pose encore la question de la sur-contamination. Quels sont les risques ?

La possibilité existe, mais on ne connaît que 2-3 cas dans le monde ! Tu vois : le risque est évidemment assez faible. L’ASS dit : si les deux partenaires séropositives sont sous traitement avec succès (viral load bas) et si ils n’ont pas d’autre MST (!) il est possible d’ignorer les règles du safer sex avec un risque raisonnablement bas.

Les thérapies sont toujours plus efficaces, meurt-on encore du SIDA en Suisse aujourd’hui ?

Oui : l’année dernière environ 30 personnes sont mortes (mais ce chiffre va probablement augmenter parce que tous les décès ne sont pas encore rapportés aujourd’hui ; en 2000 : env. 100 morts). Et la mort n’est pas la seule question : le traitement est difficile, il y a des conséquences des médicaments désagréables (Nebenwirkungen), il y a toujours le risque que des résistances se développent et que le traitement devienne inefficace, on n’a pas d’expérience du long terme avec les traitements. Il y a encore aujourd’hui la stigmatisation et la discrimination des hommes séropositives etc etc. Se protéger reste le chemin le plus facile et efficace.