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Un espoir de vaccin contre le sida
par  la rédaction, le jeudi 24 septembre 2009, vu 161 fois
Tags : - SIDA - IST - Prévention

Un essai mené sur 16 000 volontaires adultes montre des résultats prometteurs. Mais qui doivent être confirmés.

Une "étape scientifique marquante" : tel le commentaire du laboratoire français Sanofi Pasteur qui a, en partie, collaboré à un essai de vaccin contre le virus du sida. Depuis 6 ans en effet, un essai est en cours en Thaïlande. Mené sur 16 000 volontaires adultes, il a été réalisé par le ministère de la Santé publique thaïlandais et financé par le gouvernement américain, sous la responsabilité du médecin chef de l’armée américaine.

En pratique, certains volontaires ont reçu une première dose de vaccin (mis au point par Sanofi Pasteur), puis une seconde, sous forme de rappel, avec une préparation vaccinale mise au point par VaxGen –cette entreprise ayant été restructurée entre temps, elle a cédé ses droits de propriété intellectuelle à une ONG, GSID (pour Global Solutions for infectious diseases). D’autres volontaires ont, eux, reçu un placebo (substance neutre sans effet), l’idée étant de comparer, plusieurs années plus tard, les taux d’infection des deux groupes "dans la vraie vie".

Résultat, annoncé ce 24 septembre : une diminution du taux d’infection de 31,2% par rapport au placebo. Une réduction "modeste, [mais] statistiquement significative", selon Michel DeWilde, vice-président du département sciences et recherches de Sanofi Pasteur, qui ajoute : "Il s’agit de la première démonstration concrète, depuis la découverte du virus en 1983 [par une équipe française emmenée par Françoise Barré-Sinoussi], qu’un vaccin contre le VIH peut, un jour, devenir réalité".

Ce résultat signifie que, plusieurs années après le lancement de cet essai, il y a environ un tiers de moins de personnes infectées par le virus du sida dans le groupe de ceux qui ont reçu le "vrai" vaccin, par apport à ceux qui ont reçu un placebo. C’est appréciable. Mais c’est encore nettement insuffisant pour que cette préparation vaccinale puisse être homologuée à l’échelle mondiale. Pourquoi ? Parce que certaines personnes qui recevraient un tel vaccin pourraient se croire en quelque sorte protégées du virus du sida et, du coup, adopter des comportements à risques (oubli de préservatifs, mutli-partenariat, injection de stupéfiants...).

En d’autres termes, le remède serait pire que le mal. "Beaucoup de travail reste à faire", avertissent d’ailleurs l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et l’Onusida, en soulignant qu’il importe également de déterminer la durée de la protection, si le vaccin peut être administré dans d’autres parties du monde et s’il est efficace sur d’autres sous-types du VIH.

De fait, la plupart des scientifiques estiment que, en deçà d’un taux d’environ 80% d’efficacité, un vaccin ne peut prétendre à une mise sur le marché. Cela est vrai, bien entendu, d’un vaccin préventif : dans le cas d’un vaccin curatif (destiné, par exemple, à freiner l’évolution de la maladie), un taux de réussite de 30% serait déjà, en soi, un progrès important...

Source : L’Express

Photo : REUTERS/Eliseo Fernandez - Test sanguin pour détecter le HIV.