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-* Un mémorial utile
parce que « dérangeant » -

A propos du nouveau monument commémorant la déportation des gays durant la période nazie
par  la rédaction, le mercredi 4 juin 2008, vu 299 fois
Tags : - Allemagne - Histoire

L’Etat fédéral allemand, répondant à une demande des associations gay allemandes et internationales, a financé la construction d’un monument à la mémoire des « Triangles roses », les victimes homosexuelle du nazisme tant en Allemagne que dans les nations occupées durant la seconde guerre mondiale.
L’inauguration a eu lieu le 27 mai dernier mais déjà ce monument, un bunker de béton, soulève la controverse, tant par rapport à sa signification que par rapport à son emplacement et la manière dont l’événement a été annoncé.

L’article, au premier abord, n’avait rien de spécial. Il ne portait pas même de signature. Une dépêche de l’AFP certainement perdue parmi le flux de nouvelles plus ou moins intéressantes que déverse quotidiennement un gratuit local. L’article en question annonçait l’inauguration d’un « monument homo ». Le terme fleurait déjà bon une tolérance condescendante mais le bouquet, un dernier paragraphe qui se voulait « drôle » certainement, demandant si ce mémorial-bunker allait devenir un lieu de drague dont les gays ont le secret !?

Le patron m’a envoyé une copie du papier, me demandant mon sentiment de berlinoise. Je comptais donc zapper ce bout de torchon avec un mépris tout berlinois, rapport à l’étroitesse d’esprit et l’humour déplacé dont a fait preuve le « média » romand incriminé. Je me suis dit que, peut-être, la rédaction du gratuit en question voulait passer pour moins gay qu’elle ne l’est. La dépêche de l’AFP, dans sa forme originale, employait le terme d’ « homosexuels » et n’ironisait pas lourdement sur les pratiques de drague de la communauté visée. Et, oui, à Berlin, les gays se rencontrent partout : au Kaufland, à la poste, dans le U-bahn, à la terrasse des cafés, sur les plages nudistes ou habillées, dans les musées, au flohmarkt de Boxi, partout mais comme tous les Berlinois, ils ont le respect des lieux de mémoire et des lieux consacrés.

Passons sur l’annonce de cet événement par un certain « média » lausannois. La vraie polémique vient d’ailleurs, elle est relancée par un historien, Israël Gutman, de l’Institut Yad Vashem de Jérusalem. Notre homme n’a plus vingt ans et sa judaïté ne le protège pas de certains a priori. Il est donc allé se plaindre dans les colonnes d’un quotidien polonais de l’inauguration de ce monument : « Pendant de longues années, j’ai eu l’impression qu’après la guerre les Allemands avaient compris l’immensité des crimes de l’Holocauste qu’il avaient commis (...) Cette fois-ci, ils ont fait une erreur ». En substance, M. Gutman estime que les souffrances de la communauté gay ne sont pas comparables aux souffrances de la communauté juive, sous-entendu moins importantes. De plus, M. Gutman ne s’est pas exprimé dans la Frankfurter Zeitung ou autre grand quotidien allemand. N’oublions pas que la Pologne, sa presse et son intelligentsia ne sont pas particulièrement connus pour leur homophilie !

En conclusion, je ne voyais ni trop l’intérêt du monument, ni ne comprenait le mauvais goût de l’annonce du gratuit. La réaction d’un historien confirmé, d’un homme impliqué, de M. Gutman montre à quel point il y a encore du travail, faire avancer les consciences et faire comprendre que la spécificité homosexuelle n’est en rien condamnable ni plus spéciale que la couleur de peau, l’origine culturelle, la religion ou tout autre élément d’appartenance à un sous-groupe social constitué ou latent.

Christine Klaus, rédac’ en cheffe adjointe


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