Le but de cet essai, de phase I-IIa, est d’abord de s’assurer de l’innocuité du produit chez les malades. En seconde intention, certains paramètres d’efficacité seront aussi observés, et s’ils sont encourageants, ce premier essai pourra rapidement déboucher sur un nouvel essai pour déterminer l’efficacité et le choix de la dose (phase II).
Avant d’en arriver là, Vac3S a franchi avec succès différentes étapes : confirmation d’une corrélation entre la présence naturelle des anticorps du vaccin et la capacité des patients à contrôler la maladie, puis validation du mécanisme d’action chez l’animal et études de toxicité.
Traitement complémentaire
« Vac3S cherche à induire chez les patients un très fort taux d’anticorps contre un peptide (3S) contenu dans l’enveloppe du virus pour l’empêcher de se fixer sur les globules blancs CD4, chefs d’orchestre du système immunitaire », explique Joël Crouzet, président d’InnaVirvax. En effet, si ces peptides parviennent à se fixer sur les CD4, ils déclenchent alors la destruction de ces derniers par une autre catégorie de globules blancs, les NK (pour « natural killers »), habituellement chargés de détruire les cellules anormales ou infectées.
« C’est la découverte du mécanisme moléculaire responsable de la destruction des CD4 qui a permis de concevoir ce vaccin, qui couple le peptide 3S à une protéine et un adjuvant pour le rendre plus efficace », explique Joël Crouzet. Une équipe de chercheurs de l’Unité mixte 946 (Inserm-UPMC) de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, est à l’origine de ces travaux qui ont donné lieu à différentes publications scientifiques.
Compte tenu de son mode d’action, Vac3S est complémentaire des trithérapies. Il pourrait en effet être utilisé en priorité chez les patients qui ne sont pas encore traités, car ils sont encore au-dessus du seuil critique des 300 CD4 par millimètre cube de sang et chez ceux qui ne répondent pas à ces traitements. « Enfin, observe Joël Crouzet, il existe une catégorie de patients chez qui les traitements font quasiment disparaître les virus en circulation sans pour autant que leur taux de CD4 ne remonte vraiment. Ceux-là aussi pourraient bénéficier de Vac3S. »
Aujourd’hui, grâce aux trithérapies, les patients survivent mais avec un système immunitaire souvent affaibli, qui les rend plus vulnérables aux infections et aux cancers. Il existe d’autres approches d’immunothérapie visant à stimuler soit la production de CD4, soit celle de globules blancs cytotoxiques qui détruisent les cellules infectées mais qui n’ont pas encore fait leurs preuves.
Jusqu’à présent, InnaVirVax a vécu grâce à des financements publics (concours de création d’entreprise innovante, Oséo, ANR). La société doit à présent lever entre 3 et 5 millions d’euros pour assurer le développement de son produit et de plusieurs autres projets, encore à un stade très précoce.















