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Prévention
Enquête auprès des hommes qui fréquentent les lieux de rencontre (...) Homos et VIH, on en est où dans la prévention ?
VIH : le mois d’avril sous le signe de la prévention
par  la rédaction, le mardi 10 avril 2012, vu 132 fois

Une campagne a été lancée hier. Ciblant les homosexuels, elle s’étendra tout au long du mois.

« Break the chain ». Soit le nom de la nouvelle campagne de prévention VIH qui a débuté hier en Suisse et qui s’étendra tout au long du mois d’avril. Elle se destine principalement aux hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes (HSH) – qui ne sont pas tous homosexuels. Avec un taux de prévalence élevé (de l’ordre de un sur six), ces derniers sont les plus touchés par le virus.

Pilotée par les centres de santé gay Checkpoint Zurich et Genève et soutenue par l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), la campagne vise à briser les chaînes de transmission qui se font durant la phase initiale et hautement infectieuse de la primo-infection. En effet, les personnes contaminées sont vingt à cent fois plus infectieuses lors des trois premiers mois. Souvent, elles n’ont alors pas encore conscience de leur séropositivité et exposent en conséquence leurs réseaux de partenaires sexuels. « Chez les HSH, cette phase constitue le véritable moteur de l’épidémie », souligne Vincent Jobin, responsable de la santé sexuelle au sein de l’association Dialogai.

La campagne table sur l’engagement de la communauté gay. Concrètement, les participants s’inscrivent sur une application pour smartphones ou directement sur le site internet breakthechain.ch et indiquent quel engagement personnel ils respecteront. « Par exemple, il peut s’agir de se cantonner à un partenaire fixe ou de n’avoir que des rapports protégés », explique Vincent Jobin. Plus de quatre mille personnes ont déjà indiqué leur engagement et bénéficieront d’offres avantageuses tout au long du mois, telles que des entrées gratuites en soirée.

Pas de nouvelle infection VIH durant un mois, diminution du nombre d’hommes en primo-infection et scène homosexuelle plus sûre : tel est l’objectif poursuivi par les organisateurs. Mais en ciblant le seul mois d’avril, n’y a-t-il pas un risque que la campagne se révèle contre-productive ? « Le fait qu’on appelle à un effort de vigilance renforcée durant un mois ne signifie pas qu’on donne le feu vert pour faire n’importe quoi les onze suivants », avertit Andrea Ostinelli, coordinateur des projets HSH en Suisse romande.

En mai, les participants seront invités à faire un dépistage à un prix avantageux. « Nous pourrons mesurer les résultats à la fin de l’année », ajoute Vincent Jobin. La campagne sera renouvelée chaque année.

Selon l’OFSP, en 2010, plus de 50% des nouvelles infections au VIH concernent les homosexuels.

Source : Théo Allegrezza pour le Courrier