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VIH : un pas de plus vers le vaccin VIH / Sida : des annonces en matière de recherche vaccinale à (...)
Vaccin contre le sida : un virologue américain optimiste
par  la rédaction, le mardi 13 juillet 2010, vu 85 fois

Après vingt ans d’échecs, la quête pour un vaccin anti-sida efficace connaît des avancées importantes qui "rend beaucoup plus confiant" de pouvoir vaincre l’infection, juge Anthony Fauci, patron de l’Institut américain des maladies infectieuses, dans un entretien avec l’AFP.

"Je pense que nous pouvons dire honnêtement que des progrès significatifs ont été faits dans le développement d’un vaccin", déclare-t-il, citant la récente découverte de deux puissants anticorps par des chercheurs de son institut, l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses (NIAID), à la pointe du combat contre le sida.

Jusqu’à récemment, non seulement les efforts pour produire un vaccin ont été infructueux, mais "nous n’avions pas le moindre indice qui montrait que nous étions sur la bonne voie", poursuit-il.

"Nous avancions quasiment en aveugle, en espérant être chanceux", avoue cet infectiologue qui participera la semaine prochaine à la 18ème conférence internationale sur le sida à Vienne.

Tout a commencé à changer avec les résultats d’un essai clinique d’un vaccin expérimental en Thaïlande en 2009 sur 16.000 personnes. Le test a montré un effet positif modeste pour empêcher l’infection avec le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), ajoute-t-il.

Bien qu’insuffisamment efficace, "ce vaccin a marqué une avancée conceptuelle qui nous a montré qu’il est possible" d’en produire un capable de bloquer le VIH, dit le Dr Fauci. Ce virus est une cible difficile car il mute rapidement.

Puis la semaine dernière, des chercheurs du NIAID ont publié dans la revue américaine Science "une recherche très intéressante et potentiellement importante", ajoute-t-il.

Ces travaux ont permis d’identifier deux anticorps chez un seul individu infecté qui, ensemble, bloquent en laboratoire plus de 90% des souches de VIH connues dans le monde, explique le directeur du NIAID.

"Cette découverte nous a permis d’isoler la partie (stable, ndlr) du VIH que nous pouvons utiliser comme vaccin car nous savons que ces anticorps s’y attachent toujours et bloquent le virus", précise-t-il.

"Le prochain objectif est d’essayer d’injecter un extrait de cette partie du virus chez des personnes sous forme de vaccin pour provoquer une réponse immunitaire protectrice contre l’infection", poursuit cet infectiologue.

"Tous ces développements sont très récents. Donc, même s’il est impossible de savoir quand nous aurons un vaccin, nous sommes beaucoup plus confiants qu’il y a encore quelques années, où rien n’indiquait" que la découverte d’un vaccin soit possible, résume-t-il.

Dans l’attente du vaccin, "probablement plusieurs années", il existe nombre de méthodes éprouvées de prévention comme la distribution de préservatifs, la circoncision des hommes, le blocage de la transmission de la mère à l’enfant et les programmes d’échange de seringues, souligne le Dr Fauci.

Malheureusement regrette-t-il, seulement 20% des populations concernées dans les pays en développement bénéficient de ces mesures préventives et y ont effectivement accès.

Selon lui, il faut donc étendre l’accès à ces méthodes éprouvées de prévention tout en continuant les recherches sur d’autres mesures préventives - tels que les gels ou crèmes microbicides - en plus de celles portant sur le vaccin.

Enfin, note le Dr Fauci, traiter le plus grand nombre possible de personnes infectées avec des antirétroviraux réduit leur charge virale et "diminue la probabilité qu’ils infectent d’autres personnes".

"Beaucoup de choses peuvent être faites contre le sida entre maintenant et le moment où nous aurons un vaccin", conclut-il.

Source : E-llico