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Veux-tu m’épouser à moitié ?
Partenariat ou mariage
par  Frédéric Gloor,  Steve , le mercredi 16 juin 2004, vu 216 fois

Depuis l’introduction du PaCS, la France peut se vanter de mettre deux variantes à la disposition des couples désirant unir leurs destinées : « Chérie, veux-tu m’épouser entièrement ou à moitié ? » Un aliment light n’est-il pas plus attractif qu’un bout de gras ? On imagine le prince charmant demandant la main « allégée » de sa belle.

Le mariage light offre les avantages de la reconnaissance légale en matière d’héritage, de droits à la propriété commune, d’impôts. Dans un article paru récemment dans le NZ-Times de Auckland, Christine et David avouent s’être pacsés pour éviter que Christine, enseignante, ne soit mutée dans une autre région de France. Les amateurs de belles cérémonies fleuries, de «  oui, je le veux » prononcés devant témoins vêtus de beaux tissus, ceux pour qui « mariage » représente plus qu’un simple contrat légal choisissent la version intégrale.

Intégrale ou demi-version, il y en a pour tous les goûts et contrairement aux craintes prononcées par les milieux traditionnels, le PaCS n’est pas l’ennemi du mariage : il le renforce. Ceux qui n’étaient pas sûrs, ceux qui l’ont fait par obligation ou pression sont entrés dans le mariage alors qu’ils n’y croyaient pas. Aujourd’hui, le mariage light est une antichambre dans laquelle on entre pour un premier engagement qu’il sera facile de rompre mais sur la base duquel on pourra plus tard se marier en grandes pompes. Le pacs a renforcé le mariage parce qu’il permet de sélectionner ceux qui le veulent vraiment de ceux qui le célèbrent sans trop y croire.

Les deux variantes de reconnaissance du couple ont leur pleine utilité… pour les hétérosexuels ! Mais le pacs a été créé en vue de donner une existence légale aux couples de même sexe. D’une injustice où seuls les hétéros pouvaient accéder au chemin de la reconnaissance, on crée une loi offrant un choix de degrés d’union aux hétéros et on maintient les homos dans la sous-catégorie. Car si l’alternative pacs ou mariage est excellente pour les couples hétéros, elle n’est qu’un assemblage de demi-mesures pour les couples de même sexe.

C’est la lutte finale

L’évolution humaine semble lente si on la suit au travers des débats parlementaires. Toutefois, certains coups de force comme celui entrepris par le maire de San Francisco (SF) en autorisant le 12 février dernier les couples de même sexe à se marier laissent entrevoir qu’une majorité de la population est acquise à un changement et que les rétrogrades qui occupent encore les hautes places du pouvoir sont au bout du rouleau : ils tirent leurs dernières cartouches contre la foule en mouvement. À l’image de la Hongrie qui a ouvert une première frontière en 1989, c’est le rideau de fer qui a été forcé et qui est tombé dans les mois qui ont suivi. Le maire de SF a ouvert une brèche, il a été entendu dans le monde entier : le roi du Cambodge, voyant les images à la télévision, a pris position pour l’ouverture du mariage à tous, des maires d’arrondissements parisiens ont également voulu suivre l’exemple californien et, finalement, Noël Mamère a célébré le premier mariage gay dans sa mairie de Bègles (Gironde - France), contre l’avis de la Justice.

Il faudra encore du temps à tous ces pays pour ouvrir le mariage à tous les citoyens mais un premier barrage a été forcé, le sujet a commencé a être discuté alors qu’il avait été longuement maintenu tabou. Les sondages de ces derniers mois montrent des avis favorables à une égalité parfaite entre tous les hommes et toutes les femmes dans de nombreuses régions du monde. C’est une dernière lutte qu’il nous faut mener afin que les droits de tous soient admis dans nos sociétés.

Frédéric Gloor.


Pacs, PEPS, PaEn et... Zip !



  • En France, on se "pacse".
  • En Allemagne, on se "verlebenspartnerschaftlicht" (on "s’unit par un partenariat de vie").
  • En Suisse, peut-être pourra-t-on se "pepser" (Partenariat Enregistré entre Personnes de même Sexe) un jour.
  • À Fribourg, on pendra la crémaillère du partenariat (PaEn : partenariat enregistré).
  • Et en Autriche, nous apprend Têtu, on pourra peut-être se "zipper" (ZIvilPartnerschaft).

    À moins évidemment que tout ce beau monde ne finisse par se marier...

Steve