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Prévention
Microbicides : un grand bond en avant Safer sex : où sont les femmes ?
Vienne 2010 :
Une épidémie explosive
chez les gays
par  la rédaction, le vendredi 23 juillet 2010, vu 106 fois

À Mexico, les activistes et les experts avaient révélé une épidémie négligée, celle qui touche les homosexuels dans les pays du Sud. Deux ans plus tard, la situation est toujours aussi explosive. Mais malheureusement, on peut regretter que seulement 2% des communications de la conférence de Vienne soient consacrées à l’épidémie chez les homos.

Une étude du John Hopkins Hospital et de la Banque mondiale montre des taux de prévalence du VIH élevés, avec notamment 21,4% au Malawi, 13,8% au Pérou. On distingue trois situations : l’épidémie continue dans les pays à revenu faible ou moyen, elle redémarre dans les pays riches, et on met à jour de nouvelles épidémies dans des régions où il n’existait précédemment aucune donnée.

Mardi 20 juillet, une session était consacrée aux chiffres de l’épidémie chez les gays. À Bangkok, en Thaïlande, où l’homosexualité est légale, comme à Kampala, la capitale de l’Ouganda, où elle est criminalisée, la prévalence du VIH chez les gays est très élevée (près de 30% en 2007 à Bangkok et 14% à Kampala). À Bangkok comme à Kampala, le risque d’être séropositif est associé avec l’âge. Et à Kampala, les gays qui ont subi des agressions homophobes ont cinq fois plus de risques d’être infectés par le VIH que ceux qui n’ont pas subi de violence.

METTRE FIN AUX DISCRIMINATIONS

Pour les experts réunis à Vienne, les choses sont claires : on ne pourra lutter efficacement contre le sida chez les HSH (hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes) que si l’on met fin aux discriminations qui les affectent. La criminalisation de l’homosexualité, telle qu’elle est pratiquée dans près de 80 pays dans le monde, rend très difficile le travail de prévention, de soutien et de soins auprès de cette population. La même étude révèle des aspects méconnus de la lutte contre le sida : mener des actions de prévention et de soins en direction des gays peut avoir un impact sur l’épidémie dans la population générale.

LE DÉPISTAGE, ENCORE ET TOUJOURS

À Sydney, le chercheur Fengyi Jin, s’appuyant sur les résultats de la cohorte HIM, a pu affirmer que malgré les trithérapies, les chiffres de séroconversion ne sont pas très différents ente la période pré-trithérapie et la période actuelle. Selon Fengyi Jin, ces chiffres illustrent l’importance de la primo-infection dans la poursuite de la dynamique de l’épidémie chez les gays. Les chercheurs ont également souligné que de nombreux gays séropositifs ne connaissaient pas leur statut. D’où l’importance de marteler encore et toujours le même message : dépistez-vous !

Source : Yagg et VIH.org


Les lois antigays favorisent la propagation du sida

Les législations criminalisant les relations homosexuelles en vigueur dans la région Asie-Pacifique - mais aussi en Afrique - favorisent la propagation du sida à des niveaux "alarmants", a dénoncé mercredi une agence de l’ONU à Vienne.

"Quelque 19 des 48 pays de la région Asie-Pacifique continuent de criminaliser les relations sexuelles entre hommes", selon un rapport de l’UNDP (Programme de développement de l’ONU) à l’occasion de la 18ème Conférence internationale sur le sida.

"Ces législations conduisent fréquemment à des abus et des violations des droits de l’Homme. Aussi la prévalence du VIH a atteint des niveaux alarmants parmi les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes et les transgenres dans de nombreux pays de la région", poursuit le rapport.

Un rapport plus récent, réalisé à la demande de l’UNDP et la Coalition APCOM spécialisée dans la santé des homosexuels, a établi que la criminalisation des relations homosexuelles et des personnes transgenres a conduit à priver ses personnes de traitements anti-sida et de services de santé.

"Des environnements légaux répressifs institutionnalisent la discrimination, limitent les financements et empêchent les homosexuels et les personnes transgenres de se protéger, eux-mêmes, leurs familles et leurs amis, efficacement contre le VIH", a souligné Jeff O’Malley, directeur du dossier sida auprès de l’UNDP.

Il a appelé à l’abolition "de ces lois répressives et des pratiques discriminatoires".

Le responsable de l’APCOM, Shivananda Khan, a noté que les contaminations inutiles pourraient être empêchées en s’assurant que "tous les citoyens d’un pays puissent avoir accès à des services de santé, sans qu’on tienne compte de leurs orientations sexuelles".

En Afrique aussi...

Une étude publiée par l’Université Johns Hopkins, menée dans des pays africains réprimant particulièrement les relations homosexuelles, établit, elle aussi, que l’homophobie mène à un risque accru de contamination par le VIH.

"Le Kenya, le Malawi, la Zambie - pays avec des taux étonnamment élevé d’infection dans la population générale - présente des taux doublés chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH", explique Chris Beyrer auteur de l’étude. "Nous devons améliorer la sensibilisation, les interventions et l’accès aux soins pour les HSH dans ces pays", ajoute-t-il.

Des responsables religieux appellent à cesser la stigmatisation

Des représentants de différents mouvements religieux ont appelé à mettre fin à la stigmatisation des personnes atteintes du sida, mercredi en marge de la Conférence mondiale sur le sida à Vienne. Le texte du document signé, basé sur le résultat d’une conférence tenue en mars à Amsterdam, appelle "à travailler sans relâche pour mettre un terme à la stigmatisation et aux discriminations" subies par les personnes vivant avec le VIH. Il a été signé par des responsables de mouvements chrétiens, musulmans, juifs, hindou, bouddhiste, sikh et baha’i. Revendiquant une action pragmatique, ces mouvements religieux veulent aussi être actifs dans le domaine de la prévention, malgré l’hostilité affichée de hauts responsables, notamment le pape Benoît XVI, à la diffusion du préservatif. "Il faut éduquer nos responsables religieux", a estimé de son côté Hany El Banna, président de l’organisation musulmane Humanitarian Forum.

Source : E-llico.