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Vienne 2010
l’OMS recommande des traitements plus précoces, en dépit du coût
par  la rédaction, le mercredi 21 juillet 2010, vu 111 fois
Tags : - VIH - Traitement

Les nouvelles directives sur les traitements contre le sida, présentées lundi à Vienne par l’Organisation mondiale de la santé, recommandent de commencer le traitement à un niveau plus bas d’infection, en dépit d’un coût qui peut paraître dissuasif.

Dans ses directives de 2006, l’OMS recommandait de traiter les malades quand leur compte de cellules CD4, qui définissent le niveau immunitaire, était descendu à 200 par mm3 de sang, alors que le taux normal se situe entre 1.000 et 1.500.

"Tous les adultes et les adolescents, y compris les femmes enceintes séropositives, présentant un niveau de CD4 de 350 cellules par mm3, doivent entamer un traitement antirétroviral, qu’il y ait ou non des symptômes cliniques", indique l’OMS, dans un texte de 156 pages, développant une recommandation faite en novembre.

Certains chercheurs avaient défendu dimanche un début de traitement à 500 CD4, même si cela ne concernait que les pays riches. Mais "il ne faut pas de double standard", notait lundi Gottfried Hirnschall, directeur chargé du sida à l’OMS.

L’OMS promeut aussi l’usage de traitements "simplifiés et moins toxiques", avec un remplacement de la molécule stavudine, utilisée chez 56% des patients avec des effets secondaires très lourds, par des traitements alternatifs plus supportables, mais plus chers. Aussi, tous ceux qui sont co-infectés par le virus de la tuberculose -une co-infection fréquente- devraient entamer un traitement anti-HIV "le plus vite possible".

"Les nouvelles recommandations peuvent augmenter substantiellement le nombre des personnes éligibles à un traitement et donc augmenter le coût", relève l’OMS, qui admet qu’elles puissent ne pas être immédiatement appliquées partout. Elle escompte à tout le moins qu’elles soient mises en place avant la prochaine actualisation de ses directives, en 2012.

Selon les estimations, mettre sous traitement tous les patients ayant un niveau de 350 CD4 ou moins devrait "augmenter le nombre des personnes traitées de 49%" et "faire baisser le nombre des décès de 20% d’ici à 2015".

Fin 2009, 5,2 millions de personnes -1,2 million de plus qu’en 2008- étaient sous traitement pour près de 10 millions qui en avaient besoin. Cette nouvelle directive ferait passer à 15 millions le nombre des personnes pour lesquelles le traitement serait recommandé.

Avec un effet préventif évident : "le traitement réduisant le niveau de virus dans le corps, les séropositifs sont moins susceptibles de le passer à leurs partenaires", souligne le Dr Hirnschall. De même, l’impact sur les co-infections sera très important avec "une réduction de 54 à 92% des cas de tuberculose chez les patients sous traitement", rappelle l’OMS.

Dans cette période de tensions budgétaires, l’OMS reconnaît que cela aurait aussi un impact sur les coûts, de quelque deux milliards de dollars par an sur la période 2010-2015, dit le Dr Hirnschall. Mais au-delà, cela conduira à un équilibre "coûts-bénéfices".

C’est une situation doublement gagnante avec moins de morts, moins de personnes ayant la tuberculose, moins d’hospitalisations, moins de ces traitements lourds dont ont besoin les personnes les plus atteintes, explique-t-il. Pour le Dr Bernard Schartzlander, de l’Onusida, il faut penser "non pas coûts, mais investissement".

"Mais c’est vrai, dit le Dr Hirnschall, que la situation économique n’est pas tellement favorable à des arguments en faveur de coûts supplémentaires".

Il reste qu’être traité pendant plusieurs années de plus augmente les risques d’effets secondaires et de résistance au traitement, que l’on entame pour la vie. "Il n’est pas certain que les personnes sans symptômes accepteront le dépistage ou le traitement", reconnaît l’OMS.

Source : E-llico