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Zimbabwe : Un rapport américain s’inquiète de l’augmentation des viols correctifs contre les LGBT
par  la rédaction, le lundi 12 avril 2010, vu 149 fois
Tags : - Homophobie - Zimbabwe

Un rapport annuel sur les droits humains, réalisé par l’ambassade américaine à Harare au Zimbabwe, s’inquiète de l’augmentation des viols correctifs et des méthodes de harcèlement contre les LGBT, pour les “convertir” à l’hétérosexualité. Selon une dépêche AP, le département d’État américain a dénoncé ces pratiques qui ont tendance à se répandre de plus en plus dans ce pays. Rappelons que les actes homosexuels sont illégaux au Zimbabwe et peuvent être punis par des peines allant jusqu’à une année de prison et près de 4000€ d’amende.

FORCÉS À DES ACTES HÉTÉROSEXUELS

Dans son rapport, Amanda Porter, officier politique de l’ambassade US dans ce pays, explique que des LGBT ont été forcés à des actes hétérosexuels, parfois par des proches : “Certaines familles ont soumis des hommes et de femmes à des viols correctifs et des mariages forcés pour les encourager à des conduites hétérosexuelles”, indique-t-elle.

Le rapport rappelle que ces pays d’Afrique subsaharienne désapprouvent depuis longtemps l’homosexualité mais que les discriminations contre les LGBT se sont largement répandues en 2009. Les propos haineux de politiciens à l’encontre de la communauté homo ont augmenté les pressions sociales sur les familles, explique Amanda Porter.

“PEUR DE PARLER”

Elle constate dans son rapport que les crimes contre les droits humains et les abus sexuels contre les gays sont de moins en moins rapportés à la police et que “les victimes ont peur de parler”. Elle ajoute que l’attitude et les lois au Zimbabwe font que les gays ne se sentent pas en sécurité. La plupart ne demande pas de soins médicaux, par peur d’être rejetés ou dénoncés par les médecins. Elle explique enfin que cette stigmatisation est à l’origine de taux d’abandon de l’école à un très jeune âge, de chômage et de personnes sans-abri parmi les gays, bien plus élevés que pour les autres groupes de la population.

“FOLIE” ET “INSANITÉ”

La semaine dernière, le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, a indiqué que les droits LGBT ne feraient pas partie de la nouvelle constitution du pays qui devrait être rédigée avant les nouvelles élections, probablement l’année prochaine. Répondant à des appels des associations pour y inclure la protection de ces droits, il disait : “J’ai entendu que quelques personnes veulent discuter de la question des gays dans la nouvelle constitution. Comment pouvons-nous seulement commencer à parler de cela ? Les personnes qui ont des comportements homosexuels sont juste fous. Ça n’est que folie, insanité. Nous ne pouvons pas faire cela ou les morts se retourneront dans leur tombe. En faisant cela [avoir un comportement homosexuel], vous détruisez la nation”.

Le premier ministre a quant à lui ajouté qu’il avait de l’aversion pour les homosexuels, mais qu’il appelait cependant à la tolérance envers tous les groupes minoritaires : “il ne peut pas y avoir de place dans le nouveau Zimbabwe pour les discours haineux ou les persécutions de la population sur la base de la race, du genre, de la tribu, de la culture, de l’orientation sexuelle ou de l’affiliation politique”.

Source : Yagg.com