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Zurich, paradis de la fête
- Patrick de Fribourg -
par  Frédéric Gloor, le jeudi 31 juillet 2003, vu 303 fois
Tags : - Zurich - Dancefloors

Patrick de Fribourg est un romand de 37 ans qui aime la fête et les soirées en boîte, mais pose un regard critique sur la Suisse romande. Tout comme lui, un certain nombre de romands franchissent facilement la frontière linguistique et vont passer une partie ou l’entier de leur week-end à Zurich où il n’existe pas d’heure de fermeture et où l’ambiance semble être différente.

Patrick, qu’est-ce qui est différent à Zurich ?

En Suisse romande, il est rare que les gens répondent en dansant. A Genève ou Lausanne, quand tu danses un peu trop près de quelqu’un, il joue les vierges effarouchées. A Zurich, les rencontres se font dans la bonne humeur. Là-bas, même les hétéros jouent avec toi et ce n’est pas parce que tu réponds à une danse avec quelqu’un que tu dois passer toute la soirée avec lui. Au fil des week-ends, tu revois les même gens et tu te souviens des échanges que tu as déjà eus et cela se traduits en sourires et tu continues à t’amuser avec eux sans te prendre la tête.

Les zurichois bougent beaucoup plus que les romands qui semblent plus coincés. J’ai souvent envie de me mettre derrière un romand et de le chatouiller ou de lui foutre un pétard dans le cul pour qu’il s’anime un peu.

Les romands sont-ils coincés à tes yeux ?

Plus tu entres dans la francophonie et plus tu constates des attitudes coincées. Le pire que j’ai observé était à Genève. Ils te regardent de haut, toi qui n’es pas Genevois. Il semble qu’à leurs yeux les autres sont des paysans. Il est très difficile d’avoir un contact en dansant avec quelqu’un. Tu les vois plus facilement danser devant un miroir là-bas. D’ailleurs, je crois qu’une boite à Genève où il n’y aurait pas de miroirs, ils deviendraient fou ! Au Laby, à Zurich, il n’y a pas de miroir et, si les toilettes sont occupées c’est parce que les mecs pissent, se passent la tête sous l’eau ou baisent dans une cabine. Dans les toilettes à Genève, tu les vois se remettre leurs mèches en place ou se repoudrer le nez.

Zurich semble être un tableau idyllique, s’agit-il donc d’un paradis de la rencontre ?

Il y a une frustration : beaucoup sont en couple et si tu cherches une relation suivie, ils sont avec toi et dansent un moment puis se retournent vers leurs mecs.

Si on trouve facilement des couples romand/ alémanique à Berne, cela semble être exclu à Zurich. Pour ce qui est de la vie de couple, il semble qu’ils restent entre eux. J’ai récemment passé une nuit à danser avec un Zurichois, c’était une danse très chaude avec câlins passionnés. Dès que je m’approchais de lui, il ne pouvait s’empêcher de m’embrasser et nous avons passé plus de trois heures sans pouvoir nous lâcher. Il est parti vers six heures, j’ai pu lui laisser mon adresse e-mail. Trois jours plus tard, un message est arrivé avec son numéro de téléphone. Mais, comme les autres, il dit ne pas vouloir chercher une relation stable avec une si grande distance géographique. De plus, il est toujours très difficile de les faire sortir de leur métropole. Mais pour des moments et des instants de partage, ils sont tous partants. J’ai l’impression qu’ils ont leurs amis zurichois et que nous sommes leurs amants romands vers qu’ils craquent chaque fois.

On imagine alors que dans les backrooms, ça baise sans complexe ?

Je dirai plutôt sans préso. Il m’est souvent arrivé de devoir me battre pour exiger de mon partenaire qu’il mette un préservatif. Certaines fois, le mec a refusé de continuer le rapport protégé. J’ai l’impression qu’ils sont tous séropos et que la contamination ne leur fait plus peur, ou alors qu’ils ont oublié que c’est contagieux. J’ai simplement peur de me laisser aller un jour et d’oublier que je peux contaminer quelqu’un. De quoi décourager de faire de la prévention, raz le bol aussi de prendre la responsabilité sur moi et que les autres ne le soient pas. Ils sont très chauds et c’est finalement ce qui fait leur charme et leur attirance.

En résumé...ville de la décadence ?

(Soupir)
Oui, on peut dire ça. Je trouve le mot un peu fort, parce que finalement j’y vais pour m’y amuser et non pour y trouver l’homme de ma vie. La décadence peut avoir du charme et elle n’est pas dangereuse si on sait la gérer.

Tout ce que j’ai dit là n’est que ma vision des choses dans un milieu à Zurich. Je ne connais pas toutes les boites zurichoises comme le AAAH par exemple.

propos recueillis par Fred